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Gisement de cri
Sous-titrés Chroniques infernales, ces textes du poète et nouvelliste nivellois Louis Mathoux sont autant de visions allégoriques d’une puissante originalité, arrachées, pourrait-on croire, à l’univers pictural de William Blake. En guide d’introduction, Le Cortège de la fiancée, de Léon Bloy, situe dans la fureur et l’exaltation l’objet principal et paradoxal des dialogues oniriques qui suivent : la femme originelle et éternelle, séduisante incarnation de toutes les énigmes posées à l’homme et « signature opposée par Dieu sur le monde après qu’il l’eut créé ».
Le Vif- l’Express.
Un mince livre de réflexions d’un écrivain de Nivelles. Catholique engagé, Louis Mathoux place Dieu au-dessus de tout ; c’est lui le grand organisateur de l’humanité, lui l’usine à siècles, le créateur d’horizons. Il se fait qu’à travers de courtes anecdotes, Dieu doit arbitrer un match d’ici bas entre la Femme et l’Homme. Qui est gagnant, qui compte les points ? Le lecteur ! Il s’amuse, réfléchit, sourit comme si sous cette plume légère pouvait s’envoler l’oiseau rare d’un Dieu plus marrant que d’habitude. Lire ce livre, c’est voler au secours de la morosité ambiante
La Capitale.

Maelström
De quelle parole, violente, chamarrée, aiguë, se construit le premier recueil du jeune poète Louis Mathoux ? Né en 1970, il est présenté chaleureusement, en quatrième de couverture, par Jean Dumortier. Une couverture jaune soleil qui, hélas, ne laisse que deviner ses propos imprimés à l’encre blanche ! Décrivant la poésie de Mathoux, il parle d’un enfant du saccage en son « corset de fièvres ».
Il est vrai que ces poèmes d’amour où le poète « saigne des erreurs rouges » sont remplis d’images baroques dont certaines, très denses, font oublier un foisonnement d’adjectifs. A quand, un deuxième recueil où le poète nouera la force de l’image et la rigueur du verbe ?
Nous l’attendons.
La Libre Belgique.

La Nuit cannibale
Louis Mathoux nous entraîne loin, au plus noir de la nuit, là où se « ressource en ténèbres », là où, peut-on dire, elle prend son cours, et ce lieu, profond comme un abîme, dissimulé des regards, c’est l’âme du poète, notre frère en souffrances et sensations brutes.
La nuit travaille l’âme, s’y mêle au point de se confondre, de s’unir avec elle à la façon dont au cœur de la forge se mêlent les matériaux avec le feu pour transmuter, ici, des plaies en paroles, d’"incriables cris " en encre définie comme une " nuit repentie qui s’adonne plus qu’au scintillement des mots ".
On l’a compris, Louis Mathoux ne décrit pas une nuit apaisante donnée d’emblée au seuil du sommeil, en surface plane, mais une nuit hantée, vorace, déchirante, à conquérir de haute lutte pour en extraire, au-delà des vains tourments de la chair, d’appétits innombrables, une sorte de lumière intérieure qui aurait intégré tous les espaces de vues. Louis Mathoux pratique avec ardeur l « ’art de l’ombre »
Remue-Méninges

Voix inclassable
Léon Bloy, lui non plus, n’était pas un mâcheur de mots. L’énorme, le barbare, le sauvage ne lui étaient pas étranger. Au XIXe siècle, ce catholique intransigeant avait été l’auteur de pamphlets éructants dont son célèbre « Journal » porte la griffe. C’est là que Louis Mathoux a trouvé le texte décapant qu’il a porté en avant-dire de son livre : Le cortège de la fiancée », cette « horrible Vierge aux entrailles inaccessibles »…Pour Mathoux : justification de son propre univers ? Oui, mais avec l’âme de Jarry, l’esprit d’Artaud, et devenant, avec Rimbaud, « un opéra fabuleux ». Dans ses « chroniques infernales », l’auteur donne ici une sorte de tome 2 à son déjà étonnant « croire au feu » (L’Arbre à paroles, 2002).
Nous nous situons à l’Ere du Cri, non loin, dans le temps et l’espace, de la Genèse où nous entraînait son précédent recueil. Mais la Genèse se présente encore ici dans la réalité fantasmatique d’un trio infernal : la Femme, l’Homme et Dieu. La femme, irréductible ennemie de l’homme qu’elle ne rêve que d’asservir est aussi l’ennemie de Dieu dont elle rêve de supplanter les pouvoirs. Un Dieu souvent arbitre qui s’en tire par des pirouettes : abstractions animées dont Louis Mathoux a le secret et qui deviennent pour le lecteur comme d’étranges, hilarants ou cauchemardesques dessins animés qui s’inscriraient dans les visions d’un Jérôme Bosch. Il arrive aussi à Dieu de douter de lui-même et de s’inscrire dans une métaphysique de recherche.
La force de Louis mathoux est dans sa manière de s’emparer des vieilles images de la religion, de la morale, de l’éducation, de la représentation de l’existence, des valeurs acquises en tous genres pour remanier la pâte en forme de « non-sens » qui vous saute à la figure à toutes les pages. Mais un non-sens porteur de sens à reconstituer. Inclassable brûlot.
Luc Norin dans La Libre Belgique
Liens
Wikipedia
Le Testament des poètes
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Festival Conceze 2007
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